Le Blue Lagoon est la carte postale de Malte, et l'un des rares endroits où la photo ne ment pas sur la couleur : entre Comino et l'îlot de Cominotto, l'eau est d'un turquoise pâle presque irréel, parce que le fond est un sable clair sur quelques mètres à peine. Ce que la photo ne montre jamais, en revanche, c'est le monde. En juillet et en août, la crique reçoit des milliers de visiteurs par jour sur une bande de rochers de deux cents mètres. Ce guide dit les deux choses.
Ce que c'est vraiment
Comino est une île de 3,5 km² entre Malte et Gozo, quasiment inhabitée : deux ou trois résidents permanents selon les années, un hôtel, pas de voiture, pas de commerce en dehors des kiosques saisonniers. Le Blue Lagoon est le chenal peu profond qui la sépare de Cominotto, l'îlot rocheux qui lui fait face.
Il n'y a pas de plage de sable. On accède à l'eau depuis des dalles de calcaire, par des échelles ou en marchant sur la roche. Prévoyez des chaussures d'eau : la pierre est coupante et brûlante en plein soleil.
L'ombre est quasi inexistante. Les parasols du kiosque sont payants et partent tôt.

L'affluence, sans filtre
Voici à quoi ressemble le Blue Lagoon un après-midi de juillet. Ce n'est pas une critique du lieu — l'eau reste extraordinaire — mais c'est une information que les guides oublient systématiquement de donner.
Le pic se situe entre 11h et 16h, quand les bateaux d'excursion à la journée déversent leurs passagers en vagues successives. Passé 16h30, la crique se vide très vite.

Le bon créneau
Tôt le matin, avant l'arrivée des gros bateaux, ou en fin d'après-midi, quand ils repartent. La lumière y est aussi meilleure : à midi le soleil écrase les couleurs, alors qu'en oblique le turquoise ressort pleinement.
Hors saison, de mai à début juin ou en septembre-octobre, l'eau est encore chaude et la fréquentation retombe à un niveau raisonnable.
Si vous ne pouvez venir qu'en plein été et en milieu de journée, contournez la crique principale : les criques du sud de Comino, à quinze ou vingt minutes de marche, sont presque vides et l'eau y est tout aussi claire.
Comment y aller
Trois options, dans l'ordre du plus économique au plus confortable :
Depuis Ċirkewwa, à la pointe nord de Malte : c'est le trajet le plus court, une quinzaine de minutes en bateau-navette. Le bus Tallinja dessert Ċirkewwa depuis le terminus de La Valette, donc l'ensemble peut se faire sans voiture.
Depuis Marfa, juste à côté, avec les mêmes opérateurs de navettes.
Depuis Sliema ou Buġibba, en excursion à la journée : plus cher, plus long, mais le bateau tourne autour de Comino et de Gozo, ce qui vaut le détour en soi. C'est aussi ce qui amène le plus de monde d'un coup dans la crique.
Dans tous les cas, ces liaisons sont saisonnières : elles tournent surtout de juin à septembre, et se raréfient beaucoup en hiver.

À emporter, et ce qu'il n'y a pas sur place
De l'eau, en quantité. Les kiosques vendent des boissons mais à prix touristique, et ils peuvent être pris d'assaut.
De la crème solaire et un chapeau : sans ombre, sur de la roche blanche qui renvoie la lumière, l'insolation vient vite.
Des chaussures d'eau et, si vous en avez, un masque : le fond est visible à plusieurs mètres et les poissons sont là.
Il n'y a pas de distributeur, la couverture réseau est correcte mais pas parfaite, et les toilettes sont limitées. Le topless est interdit à Malte, y compris ici.