Si vous passez à Malte entre juin et septembre, vous tomberez dessus sans l'avoir cherché : une rue barrée, des bannières rouge et or tendues d'un immeuble à l'autre, une arche peinte plantée en travers de la chaussée, et le soir venu, une fanfare et des feux d'artifice. C'est une festa, la fête patronale du quartier ou du village. Ce n'est pas un spectacle monté pour les touristes : c'est le grand moment de l'année pour la paroisse, préparé pendant des mois.
Ce qu'on voit dans la rue
La décoration est le cœur du dispositif, et elle est spectaculaire. Les rues principales reçoivent des arches de bois peintes, souvent hautes de plusieurs mètres, montées et démontées chaque année. Entre elles, des bannières de velours brodées d'or, des guirlandes et des ampoules.
Ces arches ne sont pas des décors jetables : beaucoup ont plus d'un siècle, elles appartiennent à la paroisse et sont restaurées d'année en année par des bénévoles.

Les statues sorties dans la rue
Pendant la festa, des statues sur piédestal sont installées le long des rues — anges, saints, allégories — et y restent plusieurs jours. Elles sont sorties de l'église ou d'un dépôt paroissial, portées, calées, puis rentrées.
Le point culminant est la procession, où la statue du saint patron est portée à bras d'hommes dans le quartier, précédée d'une fanfare. À Malte, presque chaque village a sa propre banda, et la rivalité entre fanfares fait partie du folklore.

Les couleurs et les drapeaux
Chaque paroisse a ses couleurs et sa bannière, hissées sur les clochers et les balcons pendant toute la durée de la fête. Dans les villages où deux confréries rivalisent, on distingue très vite les deux camps à la couleur des drapeaux d'une rue à l'autre.
C'est un détail qui échappe complètement au visiteur de passage, et qui explique pourquoi une même localité peut sembler décorée deux fois de suite dans le même mois.

Quand et comment y assister
La saison des festi court de juin à septembre, avec un pic en juillet et en août. Chaque paroisse a sa date, calée sur la fête de son saint patron, et il y a presque toujours une festa quelque part le week-end.
Le programme type s'étale sur plusieurs jours : les décors montent en début de semaine, la musique et les stands démarrent le vendredi, la procession et le grand feu d'artifice tombent en général le dimanche soir.
Il n'y a rien à réserver et l'entrée est libre. Deux réflexes utiles : venir en bus, parce que les rues sont barrées et le stationnement impossible, et rester jusqu'au feu d'artifice, qui est la vraie spécialité maltaise — l'île compte plusieurs fabriques pyrotechniques et le niveau est nettement au-dessus de ce qu'on voit ailleurs en Méditerranée.
Un mot de respect, enfin : c'est une fête religieuse avant d'être un spectacle. Dans l'église, tenue correcte, et on laisse passer la procession.