Impossible de se perdre longtemps à Marrakech : où que l'on soit dans la médina, le minaret de la Koutoubia finit toujours par apparaître au détour d'une ruelle. Ce repère vertical de 77 mètres n'est que le plus visible d'un ensemble de monuments almohades et saadiens qui font de Marrakech l'une des villes impériales les mieux conservées du Maroc. À quelques centaines de mètres de là, la Medersa Ben Youssef abrite le plus bel exemple d'architecture arabo-andalouse de la ville, et entre les deux, une tradition bien vivante continue de rythmer les rues : la calèche. Voici notre guide complet de ces trois incontournables.
La Koutoubia, le minaret qui dépasse tout Marrakech
Achevée à la fin du XIIe siècle sous la dynastie almohade, la Koutoubia est le plus grand monument religieux de Marrakech et son repère visuel absolu : un minaret de 77 mètres en grès rose, visible depuis presque tous les points de la ville. Son nom vient de kutubiyyin, « les libraires », en référence aux marchands de manuscrits qui occupaient jadis ses abords. Une première mosquée, mal orientée vers La Mecque, fut abandonnée en cours de construction — ses fondations sont toujours visibles juste à côté de l'édifice actuel, un vestige que peu de visiteurs remarquent au premier passage. Le minaret aurait inspiré la Tour Hassan de Rabat et la Giralda de Séville, bâties par la même dynastie. Réservée aux musulmans à l'intérieur, la Koutoubia se découvre depuis l'extérieur et ses jardins, à quelques centaines de mètres de Jemaa el-Fna : l'accès est libre, de jour comme de nuit, et le monument est illuminé après la tombée du jour.

La Medersa Ben Youssef, chef-d'œuvre almohade et saadien
Fondée au XIVe siècle sous les Mérinides puis largement reconstruite au XVIe siècle par le sultan saadien Abdallah al-Ghalib, la Medersa Ben Youssef fut l'une des plus grandes écoles coraniques d'Afrique du Nord, accueillant jusqu'à plusieurs centaines d'étudiants venus de tout le Maroc. Autour de sa cour centrale et de son bassin rectangulaire, 132 petites chambres d'étudiants contrastent avec le faste de la salle de prière et des galeries, entièrement couvertes de zellige, de stuc sculpté — citations coraniques, motifs géométriques et végétaux — et de cèdre ouvragé. Désacralisée, la médersa a rouvert au public comme monument en 1982, puis bénéficié d'une importante restauration engagée sous l'impulsion royale à partir de 2017. L'entrée coûte 50 MAD (environ 5€), l'établissement est ouvert tous les jours de 9h à 19h (9h-16h30 pendant le Ramadan), et il faut compter une bonne heure sur place pour ne rien manquer des détails sculptés.

Entre les deux, une balade en calèche
Difficile d'imaginer Marrakech sans le claquement des sabots sur les pavés : la balade en calèche est un passage quasi obligé pour les visiteurs, et un bon moyen de relier la Koutoubia à la médersa sans marcher sous le soleil de midi. Les attelages stationnent principalement sur l'avenue qui relie la place Jemaa el-Fna au minaret de la Koutoubia, où des dizaines de calèches décorées attendent le client. L'activité est encadrée par une association de cochers rattachée à la Chambre de Commerce de Marrakech-Safi, et le bien-être des chevaux est suivi par la SPANA, qui organise des contrôles réguliers. Les circuits classiques serpentent le long des remparts, jusqu'aux jardins de la Ménara ou à la Palmeraie. Le prix se négocie directement avec le cocher avant de monter — comptez grosso modo 80 à 150 MAD de l'heure selon la saison et la négociation. Pour la lumière et l'ambiance, privilégiez la fin d'après-midi : la pierre ocre de la Koutoubia prend alors une teinte dorée particulièrement photogénique.